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La Famille SUGUENOT, six générations d'huiliers
Une huilerie dans la plus pure tradition, un artisanat respectueux des méthodes ancestrales.
Le pressage des huiles, un authentique moment de convivialité...
(d'après un écrit de Michel Suguenot, 6ème huilier de la génération, en mars 1986)

Les us et coutumes

Comme chacun sait, la France était autrefois un pays essentiellement agricole. En province, paysans, artisans et même ouvriers disposaient, en propriété ou en location, de quelques lopins de terre pour pouvoir se nourrir. A chaque extrémité de la parcelle de terre ou de vigne était planté un ou plusieurs noyers suivant la largeur du champ. Les bonnes années, les récoltants se réservaient une part de la récolte pour leur consommation d'hiver et le restant était pressé pour produire leur huile de l'année. A partir du 20 septembre, ils commençaient à ramasser leurs noix, les étalaient sur des grilles afin qu'elles sèchent, ce qui est très important!

Les veillées
Au bout d'environ deux mois, les fruits n'ayant plus d'humidité, ces récoltants pouvaient envisager de faire de l'huile. Avant de prendre rendez-vous à l'huilerie, il fallait aussi casser les noix et les éplucher pour n'apporter que les cerneaux à triturer. Les producteurs invitaient alors leurs voisins et amis, producteurs eux aussi pour la plupart, et ensemble ils faisaient ce travail pendant les veillées d'hiver, après le dîner, pendant deux ou trois heures...
Tandis qu'un ou deux hommes les cassaient une par une avec un marteau sur un carré de bois, les autres invités les épluchaient. Il se dit qu'un bon casseur devait fournir jusqu'à 7 éplucheurs et pouvait casser 1 kg d'amandes en 2 h 10 ! Il n'était pas rare de trouver une quinzaine de personnes autour de la table et, à ce qu'on sait, ces séances n'engendraient pas la mélancolie car chacun avait au moins une histoire à raconter! Vers minuit, tout le monde s'arrêtait, débarrassait la table et consommait des beignets, des parts de galette ou autres gourmandises préparées par la maîtresse de maison, avec un bon coup de cidre si c'était en Forêt d'Othe, ou de vin en pays de vignobles. S'il restait des noix à casser, on remettait au lendemain, et ainsi de suite...
La même entraide opérait à tour de rôle chez les différents récoltants.
"Je vous jure que c'étaient vraiment de bons moments car dans la quantité, ils se trouvaient de bons vivants qui aimaient rire et faire rire" dit Michel Suguenot.

Le pressage, un cérémonial
Une fois les cerneaux préparés, les producteurs prenaient rendez-vous à l'huilerie et s'arrangeaient pour venir ensemble, dans une même voiture "à cheval", à deux ou quatre roues. Il n'était pas rare que certains fassent ainsi une vingtaine de kilomètres et passent donc déjà 4 heures sur la route avant d'arriver ! Ils n'étaient jamais en retard car ils demandaient toujours à passer les premiers, dès 7 heures du matin, et "croyez-moi, ils étaient à l'heure exacte!"
A leur arrivée, les cerneaux étaient pesés et répartis en lots de 22 kg, ce qu'on appelle une "pilée" en terme du métier, puis alignés sur le meulage de pierre où la meule les écrasait. Une fois réduites en pâte, ces noix étaient acheminées jusqu'à la poêle où elles étaient cuites à feux doux, au bois. Au bout d'une petite heure de cuisson, on les enlevait et on les mettait sous presse, et tout ceci devant les clients.
Quand ils venaient à plusieurs avec de grosses quantités, ils apportaient la musette et déjeunaient sur le banc ! C'était primordial pour eux, une partie de plaisir à se retrouver ensemble pour contempler la belle huile de noix à saveur exquise sortir de la presse, provenant directement de leur récolte !
"Je n'ai jamais vu ces habitants de la campagne venir avec des vêtements et des galoches couverts de boue, mais sans être endimanchés, il étaient toujours reblanchis comme s'ils allaient à la foire ! 
Une fois la fabrication terminée et leur huile mise en belles bouteilles de terre vernies, ils saluaient bien mon père d'avoir passé une agréable journée en lui souhaitant de le retrouver l'année suivante car ils conservaient depuis toujours un grand respect pour lui. Il avait à son actif 57 années de pratique et appartenait à la 5ème génération d'huiliers ! Pour mon père, ses clients étaient des amis avec un grand "A", le respect était réciproque. Il resta fidèle à son poste jusqu'à l'âge de 79 ans !"
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