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La Famille SUGUENOT, six générations d'huiliers
Une huilerie dans la plus pure tradition, un artisanat respectueux des méthodes ancestrales.

Pierre-Louis Suguenot, huilier 

Jean-Jacques Schultz, huilier actuel
Les origines et l'histoire de l'huilerie SUGUENOT
(d'après un écrit de Michel Suguenot, 6ème huilier de la génération, en mars 1986)

            En 1809, Joseph-Marie CHAROTON est le premier huilier connu dans ce coin de Brienon-sur-Armançon (Yonne). Il travaille avec son fils Bazile-Honoré qui marie sa fille à Pierre-Louis SUGUENOT en 1854, pour assurer sa succession. A cette époque, le travail est dur, non motorisé, la meule est mue par un cheval, les noix sont maniées, cuites et pressées sous une presse "serrée à bras" comme les anciens pressoirs à vin et à cidre. Les huileries sont alors nombreuses et proches les unes des autres (tous les 6 kms environ), il n'y a  pas de travail pour tout l'hiver : Pierre-Louis Suguenot diversifie donc ses activités en installant dans son huilerie un pressoir à raisin pour les fruits venant des nombreuses vignes qui existent en ce temps-là autour de Brienon. Puis les vignes sont arrachées pour faire place aux betteraves sucrières qui amènent la construction d'une sucrerie en 1874...
            L'ancien meulage et sa meule sont abîmés, il faut rénover le matériel. En 1886, il fait venir de Comblanchien en Côte d'Or, un meulage de marbre de Bourgogne de 2,60m de diamètre et d'environ 4,5 tonnes. La roue en fonte d'acier est alors fabriquée à Tonnerre, pour 6.000 F; elle est remplie de béton pour atteindre son poids de 1250 kilos. Son fils, Léon SUGUENOT, prend la suite et construit, en 1887, autour du nouveau meulage, la maison et l'huilerie sur le terrain où on la trouve depuis, route de Joigny.
            Pourquoi une meule en fonte d'acier alors qu'elles sont en pierre dans les autres huileries ? En effet, jusqu'en 1906, la meule servira à écraser des pierres de plâtre pour les cultivateurs. Les blocs de pierre calcaire sont cassés en morceaux d'un calibre suffisant pour être broyés par le meulage. La pierre broyée est versée au centre de la meule, filtrée par une grille puis rebroyée ou recueillie sous le meulage, dans la cave où des wagonnets l'emportent pour être mise en sacs : cette chaux est ainsi vendue "à la mesure" aux agriculteurs qui la répandent dans leurs champs.
            En 1906, Pierre-Louis décède prématurément à 48 ans des suites d'un accident. Son fils, Camille SUGUENOT, n'a que 8 ans. C'est un excellent ouvrier formé par Pierre-Louis qui poursuit le travail et continue la fabrication pour le compte de la Famille Suguenot, en attendant que Camille grandisse. Malgré de brillantes études, ce dernier souhaite revenir pour prendre la succession de son père mais en 1916, âgé d'à peine plus de 18 ans, il doit partir sur le front où la guerre fait rage, et fait ensuite partie des forces d'occupation en Allemagne où il séjournera six mois. Lorsqu'il est libéré, il revient à Brienon où l'ouvrier de son père a maintenu l'activité.
            Apprenant de lui les méthodes et tours de mains ancestraux, et très ingénieux, Camille remplace la presse à bras par une presse hydraulique actionnée par une pompe qu'il installe dès 1924. Il procède lui-même en 1927 à l'électrification de l'installation : malaxeuse de la poêle, motorisation de la meule. En 1929, il acquiert une seconde presse, celle qui reste actuellement dans l'atelier. "Mon brave père n'a jamais travaillé pour s'enrichir, mais seulement pour pouvoir manger un morceau de pain, avec conscience, et avec son coeur. Tous ses clients étaient des amis. Il nous a appris, à mon frère et moi, à travailler dans la même direction; c'est ce que je ne veux pas manquer de faire, par respect pour lui" raconte Michel SUGUENOT, son fils, qui reprend le flambeau lorsque son père, Camille, arrête son activité en 1977 après 57 ans de métier !
            Entre 1920 et 1932, toutes les huileries environnantes disparaissent. Autour de 1930, un ingénieur d'Auxerre, spécialiste en installation d'usine, se trouve à visiter l'huilerie de Brienon. Il est émerveillé par l'installation réalisée par Camille qui n'a que 30 ans et le comble d'éloges: "Tout en étant ingénieur, je n'aurais pas fait mieux!" lui dit-il. Quelle belle récompense pour Camille !
            Jusqu'en 1953, l'activité de l'huilerie s'étale chaque année sur plusieurs mois, mais le remembrement provoque dans la région l'arrachage et la destruction de près de 3.000 noyers ! Le travail n'est plus viable... mais Camille le poursuit par amour du métier et pour le plaisir des contacts humains qu'il lui procure, comme au temps jadis ! Les clients, qui apportaient autrefois 80 à 100 kilos de cerneaux ne lui en donnent désormais plus que 8 ou 10 à presser ! Alors il groupe les demandes pour faire une tournée de pressage. "La vraie vie était bien celle de nos aïeux", dit-il avec nostalgie, "celle que nous vivons actuellement n'apporte rien de bon, c'est la destruction de la conversation..."
            C'est en 2003, par suite d'une maladie, que Michel SUGUENOT se voit contraint de mettre l'huilerie "en silence". La "dynastie" des SUGUENOT s'arrête là, mais Michel SUGUENOT est déterminé à poursuivre la tradition. Bien qu'handicapé par sa maladie, il conserve toute sa force morale pour assurer la formation et la transmission de savoir-faire à un successeur, Jean-Jacques SCHULTZ, ami de la famille, ancien boucher, fort, courageux et amoureux de tout ce qui est simple et ancien !
            L'huilerie restera 8 années inactive, jusqu'à la reprise de l'exploitation en 2011 par Jean-Jacques SCHULTZ. Emerveillé par cette belle machinerie et constatant, après avoir en dégrippé quelques rouages, son parfait état de fonctionnement, il se met à l'ouvrage à la satisfaction des récoltants de la région qui peuvent ainsi à nouveau profiter du lieu, de la prestation et du chaleureux accueil qu'il réserve à chacun ! Les clients de plus en plus nombreux viennent désormais parfois de loin pour profiter avec bonheur de cette belle huile bien dorée et entièrement naturelle !


Outre le pressage ponctuel pour les particuliers, l'huilerie propose également sa propre production
d'huile de colza certifiée bio, tournesol, noix et noisettes, lin, moutarde et oeillette.  

Elle en assure le filtrage et la mise en bouteilles scellées de cire pour une meilleure conservation.
Ces produits sont en vente à des prix  intéressants, en formats de 37,5 et 75 cl.


N'hésitez pas à nous contacter pour vos commandes !

Camille Suguenot, huilier

Michel Suguenot, huilier
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